|
Ce roman a pour toile de fond un village ou une petite ville imaginaire
" San José " et pour thème principal la violence en Colombie. Cette
violence est l'œuvre de quatre groupes armés (d'où le titre) : les
narcotrafiquants, la guérilla, les paramilitaires et l'armée régulière.
Mais ce roman va bien au-delà de la seule Colombie car il s'agit
plutôt du sort des civils pris entre deux ou plusieurs feux, dans
une guerre civile ou non, dont ils sont les victimes innocentes.
Le grand mérite de ce livre, qui en fait un roman remarquable et
précieux c'est qu'il est à l'opposé d'un essai sur la violence :
pas d'opinion, d'idée abstraite, de tentative d'explication rationnelle
; et pourtant il nous parle et nous fait sentir intimement l'absurdité
et l'inhumanité de la situation. Nous partageons, nous lecteurs,
le quotidien, les inquiétudes et nous connaissons les mêmes joies
mais aussi les mêmes peurs que les autres villageois. L'auteur,
avec beaucoup de talent, parvient à ce résultat en usant de différents
procédés. Tout d'abord ce roman est écrit à la première personne,
le narrateur est un vieil homme, Ismael, qui a été l'instituteur
du village. Ensuite, par le style et par le vocabulaire très simple
et très concret, le lecteur se met dans la peau du narrateur, il
ressent ses limites physiques, car Ismael a du mal à se déplacer,
il est souvent fatigué mais aussi ses limites intellectuelles, il
a des trous de mémoire, se perd dans le village ne reconnaît plus
certains villageois.Le lecteur assiste aux petits événements,
et aux grandes catastrophes qui s'abattent sur "San José",
aux actes de courage ou de lâcheté.
"Pourquoi cela nous arrive à nous ?" "qu'avons-nous
fait pour mériter cela ?" sont les questions que l'on
se pose en refermant ce livre. Ce sont celles que se posent les
habitants de ce village, que se posent les Colombiens mais aussi
toutes les personnes engagées malgré elles dans ces
situations de violence.
Faites-vous une idée en lisant le début
de ce roman.
|