La chanteuse Susana Baca a été nommée Ministre de la culture du Pérou.

Tout d'abord, il y a des noirs au Pérou. La société péruvienne est composée principalement d'indiens et de métis (les cholos). Mais, sur la côte, on trouve des descendants des Espagnols, et des noirs, anciens esclaves amenés de force d'Afrique pour cultiver le coton, ou pour le service domestique. La société péruvienne est très cloisonnée au niveau racial, les préjugés sont très présents : dire à quelqu'un " cholo " est considéré comme une insulte. Il a fallu attendre Alberto Fujimori pour qu'un président non blanc soit élu et jusque dans les années 90, seuls les blancs apparaissaient sur les ondes de la télévision.

 

Les Afro-péruviens ont une influence déterminante dans la cuisine, le sport, la musique de la partie côtière du Pérou. A côté de la musique andine (El condor pasa), il existe une musique extrêmement intéressante et inventive dont Susana Baca est une des figures de proue. Cette chanteuse a non seulement interprété cette musique traditionnelle mais elle l'a fait connaître au monde et a ainsi montré aux yeux même des Péruviens la richesse de ce patrimoine qu'ils avaient l'habitude de dévaloriser. Susana Baca a également créé, à Lima, un centre culturel pour conserver et développer par des cours, des concerts, des conférences ou des ateliers, la tradition musicale afro-péruvienne. Cette nomination est donc à la fois une reconnaissance des Péruviens de race noire, de leurs apports à la culture du pays et un hommage au travail et à la personnalité de cette chanteuse d'un grand talent.

Macondo souhaite à Susana Baca la même réussite qu'a connue un autre grand interprète devenu ministre, Gilberto Gil, au Brésil.

Besitos Susana...

Article du Monde : La diva du Pérou sur la scène politique